9 octobre 2026

Le Syndicat du personnel de soutien en éducation de la Rivière-du-Nord (SPSERN-CSQ) et la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ) s’inquiètent des données récentes concernant la violence dans les établissements du Centre de services scolaire de la Rivière-du-Nord, alors que les signalements de violence, les arrêts de travail et la pression exercée sur le personnel continuent de croître.

Selon les données, le nombre de gestes de violence déclarés est passé de 232 en 2018-2019 à 558 en 2025-2026, soit une augmentation de plus de 140 % en sept ans. Durant la même période, le nombre d’élèves a augmenté d’environ 21 %, tandis que le nombre d’élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA) a bondi de 54 %.

« Derrière ces chiffres, il y a des travailleuses et des travailleurs qui vivent quotidiennement des situations difficiles. Nous constatons sur le terrain que la violence est devenue une préoccupation majeure pour un nombre croissant de membres. Cette réalité ne peut plus être banalisée », affirme Stéphanie Tremblay, présidente du SPSERN-CSQ.

Les données révèlent également une hausse importante des conséquences sur la santé du personnel. En 2024-2025, 76 personnes ont bénéficié d’un congé CNESST lié à des événements de violence, comparativement à 62 en 2020-2021. Les cas d’invalidité liés à l’assurance-salaire ont également plus que doublé durant cette période.

Parallèlement, le réseau doit composer avec une croissance soutenue de sa population étudiante. Le nombre d’élèves est passé de 24 528 en 2020-2021 à 28 137 en 2025-2026, alors que le nombre d’élèves EHDAA a grimpé de 5 040 à 7 372 pendant la même période.

« Les élèves ont besoin de services spécialisés, d’accompagnement et d’interventions rapides.

Pour y parvenir, il faut des équipes complètes, du soutien adéquat et des milieux de travail sécuritaires. La violence n’est pas une composante normale du travail en milieu scolaire », souligne Éric Pronovost, président de la FPSS-CSQ.

Les deux organisations rappellent que le personnel de soutien joue un rôle essentiel auprès des élèves les plus vulnérables et que les enjeux de rétention et d’attraction de la main-d’œuvre demeurent préoccupants. Malgré certaines améliorations, des postes demeurent vacants chez les éducatrices et éducateurs en milieu scolaire, ainsi que chez les techniciennes et techniciens en éducation spécialisée.

« Quand la charge augmente, que les situations se complexifient et que la violence s’intensifie, il faut investir davantage dans le personnel de soutien. Nos membres veulent continuer à offrir des services de qualité aux élèves, mais ils doivent pouvoir le faire dans un environnement sécuritaire et avec les ressources nécessaires », ajoute Stéphanie Tremblay.

La FPSS-CSQ et le SPSERN-CSQ demandent notamment un renforcement des mesures de prévention de la violence, une bonification des ressources de soutien aux élèves en difficulté ainsi qu’un meilleur accompagnement des travailleuses et travailleurs victimes de violence.

« Chaque geste de violence évité est une victoire pour les élèves, pour le personnel et pour l’ensemble du réseau scolaire. Les données au CSS de la Rivière-du-Nord illustrent une réalité que nous observons partout au Québec : il est temps de passer de la constatation à l’action », conclut Éric Pronovost.