Région-de-Sherbrooke – Pénurie de personnel de soutien

21 février 2019

Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke
La pénurie de personnel de soutien scolaire affecte les services aux élèves

« La pénurie de personnel de soutien scolaire et l’augmentation du nombre d’élèves réguliers et en difficulté affectent sérieusement la qualité des services offerts aux élèves et ont des impacts nuisibles sur le personnel. »

Telle est la situation dénoncée aujourd’hui en conférence de presse par le président de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ), M. Éric Pronovost, ainsi que la présidente par intérim du Syndicat du personnel technique et administratif de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (SPTA-CSQ), Nathalie Goulet, et le président du Syndicat des employées et employés manuels du soutien scolaire de Sherbrooke (SEM-CSQ), Serge Tremblay.

Pénurie et précarité

Le président de la FPSS-CSQ soutient que la précarité des emplois du personnel de soutien scolaire dans la région est problématique.

« La précarité affecte 70 % du personnel de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke, dont les trois quarts sont des femmes. Cela a de graves conséquences sur nos membres qui doivent boucler leur budget sans pouvoir compter sur un revenu suffisant. Pas surprenant que les commissions scolaires aient de la difficulté à recruter du personnel », explique Éric Pronovost.

Rétention du personnel

Le président du SEM-CSQ, Serge Tremblay, soutient qu’au niveau des concierges et des ouvriers spécialisés, il est très difficile de trouver des remplaçants. « Il faut améliorer l’attraction et la rétention du personnel, pour éviter que ces gens quittent pour le privé, afin de garder l’expertise au sein de la Commission scolaire. »

Il faut également offrir les outils adéquats, afin que le personnel puisse travailler efficacement. « Un concierge ne peut pas nettoyer le plancher correctement avec de vieux équipements. Il faut équiper le personnel adéquatement si on veut reconnaitre l’importance du travail qu’il effectue. ».
La présidente par intérim du SPTA-CSQ, Nathalie Goulet, décrit le manque d’heures de travail pour certains postes. « Tu ne peux pas garder une éducatrice en service de garde ou une surveillante du midi quand tu offres moins de 10 heures par semaine. Qui peut décemment vivre avec aussi peu d’heures ? De plus en plus, les factures s’accumulent et la détresse psychologique embarque. Elles doivent cumuler de deux à trois emplois différents pour espérer avoir un salaire décent. Est-ce normal ? ».

Augmentation des besoins et des élèves en difficulté

Sans compter que le personnel de soutien doit répondre aux besoins des élèves qui augmentent sans cesse. « Les élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (HDAA) sont dépistés de plus en plus tôt et il faut s’assurer qu’ils puissent recevoir les services auxquels ils ont droit. Mais le nombre d’employés en poste est insuffisant et n’y arrive plus. De ce fait, ils sont de plus en plus épuisés. », déplore la présidente par intérim du SPTA-CSQ, Nathalie Goulet.

« La pression est particulièrement élevée pour les techniciennes et techniciens en éducation spécialisée (TES), qui assistent les enseignantes et enseignants. Si l’on veut répondre aux besoins des élèves, il faudra embaucher davantage de ressources. », plaide la leader syndicale.

Même problème pour le personnel en service de garde qui se retrouve sans ressources supplémentaires pour répondre à l’arrivée d’élèves HDAA. « Il est difficile d’assurer les services lorsque le ratio ne tient pas compte de cette réalité. De plus, certains postes restent vacants par manque de personnel et du peu d’heures offerts.», dénonce Nathalie Goulet.

État des bâtiments

Pour ce qui est de l’état des bâtiments, les établissements du territoire de la Région-de-Sherbrooke ont une moyenne d’âge de 58 ans. « Des sommes ont été investies dans la rénovation, mais on doit continuer pour garder ces écoles à niveau. », selon le président du SEM-CSQ.

Il rappelle d’ailleurs que l’entretien ménager a également un impact sur la durée de vie des établissements. Dans un contexte de restrictions budgétaires, Serge Tremblay considère que « si l’on veut entretenir la fierté d’une école propre et en bon état, il faut encourager le sentiment d’appartenance en permettant au personnel de soutien de la commission scolaire de poursuivre son travail avec efficacité. »

Une surcharge de travail généralisée

Éric Pronovost ajoute que la pénurie de main-d’œuvre et la précarité font d’autant plus mal que la surcharge de travail n’épargne personne.

« On demande au personnel d’en faire plus avec moins. Les conditions de travail sont de plus en plus lourdes et difficiles. », précise M. Pronovost. Un sondage récent, réalisé par l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS), démontrait d’ailleurs que 48 % des membres du personnel de soutien scolaire doivent travailler durant les pauses et l’heure du dîner, ou prolonger leur journée de travail pour faire face à leurs tâches et responsabilités qui augmentent sans cesse.

« Les trois quarts des employés de soutien scolaire constatent un alourdissement de leur tâche. L’épuisement vient donc s’ajouter au stress engendré par la précarité. Faut-il se surprendre que plus de 80 % de ces personnes se disent exténuées ? On le serait à moins. », mentionne Éric Pronovost.

Une violence généralisée

D’autre part, la violence au travail est un sérieux problème à la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke. En effet, un sondage réalisé par la firme Ad hoc recherche, en collaboration avec la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ), révèle qu’au cours de l’année 2017-2018, plus des deux tiers des membres du personnel de soutien ont subi de la violence au travail.

Les élèves sont la source principale de ces incidents qui prennent la forme de blasphèmes ou de sacres (60 %), de cris (60 %), de propos injurieux (51 %), de coups (41 %), d’intimidation et menaces (39 %), ainsi que d’objets lancés (38 %).

« Dans ce contexte, c’est encore plus inacceptable qu’en plus de ne pas être considérés et traités à leur juste valeur, les membres du personnel de soutien scolaire doivent subir une violence physique et verbale qui les affecte durement. Nous avons besoin de la collaboration des gestionnaires scolaires pour protéger le personnel de soutien », précise le président de la FPSS-CSQ.

Faire partie de la solution

En terminant, le président de la FPSS-CSQ, Éric Pronovost, invite les gestionnaires de la commission scolaire à tenir compte du personnel de soutien et du rôle important qu’il joue chaque jour dans la bonne marche de nos écoles. « Connaissant leur volonté d’améliorer la réussite éducative sur son territoire, je tiens à leur rappeler que le personnel de soutien partage cette préoccupation et qu’il fait partie, lui aussi, de la solution pour améliorer notre système public d’éducation. L’éducation, c’est aussi nous ! », conclut-il.