Pénurie de personnel de soutien aux c.s. du Fer et du Littoral

19 novembre 2018

« La pénurie de personnel de soutien scolaire et l’augmentation importante du nombre d’élèves avec des besoins particuliers affectent sérieusement la qualité des services offerts aux élèves et ont des impacts nuisibles sur le personnel. »

Telle est la situation dénoncée aujourd’hui en conférence de presse par le président de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ), Éric Pronovost, à l’occasion de son passage à Sept-Îles pour rencontrer les membres du personnel de soutien qui travaillent aux commissions scolaires du Fer et du Littoral. Il a profité de l’occasion pour faire le point sur les difficultés que rencontre le personnel de soutien scolaire.

Une précarité généralisée

« La plus grande difficulté est certainement le taux de précarité élevé, qui touche 70 % du personnel, dont les trois quarts sont des femmes. Cela a de graves conséquences, surtout que plusieurs sont des mères monoparentales qui doivent boucler leur budget sans pouvoir compter sur un revenu suffisant. C’est très inquiétant et il ne faut pas se surprendre que la commission scolaire ait de la difficulté à recruter du personnel », explique Éric Pronovost.

Des emplois plus attrayants ailleurs

De son côté, la présidente du Syndicat de l’enseignement de la région du Fer-CSQ (SERF-CSQ), Janine Hould, ajoute que des emplois plus attrayants  sont offerts dans des entreprises de la région. « Plusieurs de nos membres que ce soit secrétaires, ouvriers, éducatrices spécialisées ont démissionné de leur poste pour occuper un emploi ailleurs où ils sont assurés d’obtenir plus d’heures de travail , une charge parfois moins lourde pour un salaire souvent plus avantageux. Nos commissions scolaires perdent ainsi une précieuse expertise », regrette la présidente du SERF-CSQ.

Cette dernière ajoute que des efforts doivent être faits pour mettre fin à cette pénurie, dans l’intérêt des élèves et du personnel.

Un sondage récent, réalisé par l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS), démontrait d’ailleurs que 48 % des membres du personnel de soutien scolaire doivent travailler durant les pauses, l’heure du dîner ou prolonger leur journée de travail pour faire face à leurs tâches et responsabilités, qui augmentent sans cesse. Pas surprenant que plus de 80 % des travailleuses et travailleurs se disent exténués.

État des bâtiments

Pour ce qui est de l’état des bâtiments, les établissements de la Commission scolaire du Fer ont une moyenne d’âge de 44 ans. Plus de 80 % présentent une cote de vétusté E, jugée très mauvais. Des sommes importantes ont été investies dans la rénovation, mais on doit continuer pour garder ces écoles à niveau.

À la Commission scolaire du Littoral, la moyenne d’âge est de 38 ans et plus de 80 % des établissements ont une cote A, jugée très bon.

Janine Hould rappelle que l’entretien ménager a également un impact sur la durée de vie des établissements. Dans ce contexte, elle met en garde les commissions scolaires de l’intérêt qu’elles pourraient avoir d’élargir la pratique de sous-traiter les travaux de conciergerie. « Si l’on veut miser sur la fierté d’offrir une école propre à tous ceux qui la fréquentent, il faut encourager le sentiment d’appartenance et permettre au personnel de soutien de la commission scolaire de poursuivre son travail plutôt que de recourir à l’externe. Un milieu accueillant contribue également à la réussite des élèves».

Violence à l’école

D’autre part, la violence au travail est un sérieux problème à la Commission scolaire du Fer et du Littoral. En effet, un sondage réalisé par la firme Ad hoc recherche, en collaboration avec la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ), révèle qu’au cours de l’année 2017-2018, la moitié (57 %) des membres du personnel de soutien ont subi de la violence au travail.

Les élèves sont la source principale de ces incidents qui prennent la forme de propos injurieux (62 %), de blasphèmes ou de sacres (60 %), d’intimidation et menaces (54 %), se faire lancer des objets (44 %) et de coups (43 %).

« Dans ce contexte, il est inacceptable qu’en plus de ne pas être considérés et traités à leur juste valeur, les membres du personnel de soutien scolaire doivent subir de la violence physique et verbale qui les affecte durement. Il faut que ça cesse et nous ne manquions pas d’interpeller les gestionnaires scolaires pour qu’ils prennent leurs responsabilités et protègent leur personnel de soutien », précise Janine Hould, présidente du SERF-CSQ

Faire partie de la solution

En terminant, le président de la FPSS-CSQ, Éric Pronovost, invite les commissions scolaires à tenir compte du personnel de soutien et du rôle important qu’il joue chaque jour dans la bonne marche de nos écoles. « Connaissant la volonté des commissions scolaires d’améliorer la réussite éducative sur leur territoire, je tiens à leur rappeler que le personnel de soutien partage cette préoccupation et qu’il fait partie, lui aussi, de la solution pour améliorer notre système public d’éducation. L’éducation, c’est aussi nous! », conclut Éric Pronovost.