Problème d’attraction-rétention et manque de reconnaissance pour le personnel de soutien scolaire à Laval

24 avril 2018

« La situation est loin d’être facile pour le personnel de soutien à la Commission scolaire de Laval (CSDL). Plusieurs travailleuses et travailleurs, confinés à des emplois à statut précaire, se voient dans l’obligation de compléter le budget en ayant recours à un deuxième emploi. Malgré le travail important qu’ils accomplissent, le manque de reconnaissance fait souvent en sorte qu’ils délaissent le milieu, créant ainsi un problème d’attraction-rétention à la CSDL. »

Telle est la situation dénoncée aujourd’hui en conférence de presse par le président de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ), Éric Pronovost, à l’occasion d’une tournée à Laval pour rencontrer les membres du personnel de soutien à l’emploi de la Commission scolaire de Laval.

Éric Pronovost était accompagné du président du Syndicat lavallois des employés de soutien scolaire (SLESS-CSQ), Yves Brouillette. Les deux leaders syndicaux ont fait le portrait de la situation du personnel de soutien scolaire à la Commission scolaire de Laval.

« Les travailleuses et les travailleurs ont l’impression d’être traités comme des numéros et non pas comme des êtres humains. Sans compter que plusieurs doivent composer avec une tâche beaucoup trop lourde et préfèrent subir une rétrogradation plutôt que de demeurer dans leur emploi », explique Éric Pronovost.

Des mesures d’austérité qui ont fait mal

Ce dernier déplore de plus que les mesures d’austérité des dernières années aient eu des impacts importants sur les services aux élèves dans les écoles de la CSDL.

« Il y a un manque de personnel de soutien dans plusieurs secteurs, ce qui a pour conséquence que plusieurs élèves ne reçoivent pas les services directs auxquels ils auraient droit. Ainsi, les coupes ont touché particulièrement les techniciennes et techniciens en éducation spécialisée (TES) et les préposés et préposées aux élèves handicapés (PEH). C’est malheureux, parce que ces postes en moins se traduisent par des élèves qui n’ont pas l’aide et le soutien dont ils ont besoin », dénonce le président de la FPSS-CSQ.

Ressources insuffisantes

Pour sa part, le président du SLESS-CSQ constate que, même s’il y a eu un certain ajout de ressources de la part du ministère à la CSDL, ce n’est pas assez.

« Nous enregistrons une augmentation de plus de 1 000 élèves par année. Il y a donc de nouveaux besoins qui s’ajoutent et qui dépassent largement l’aide apportée par les nouvelles ressources. Notre commission scolaire n’a donc jamais réussi à retrouver le rythme de croisière qu’elle avait avant l’imposition des coupes », mentionne Yves Brouillette.

Une précarité préoccupante

La précarité est également un important sujet de préoccupation chez le personnel de soutien scolaire.

« Entre autres, les postes de techniciennes et techniciens en travaux pratiques sont maintenant presque tous cycliques. Les postes d’agentes et d’agents de bureau, classe II, sont de plus en plus réduits, voire même rares, surchargeant les tâches déjà très lourdes de la secrétaire d’école ou de centre. En adaptation scolaire, malgré des sommes additionnelles investies par la CSDL, les ressources demeurent encore insuffisantes, bien qu’il y ait eu une faible augmentation du nombre d’heures. En contrepartie, ces sommes, puisées dans l’enveloppe administrative, viennent directement affecter le personnel administratif. Le problème fondamental est qu’on ajoute des heures à l’un pour les enlever à l’autre, sans toutefois offrir plus de postes à temps complet. Donc, on entretient la précarité chez le personnel », dénonce le président du SLESS-CSQ.

Un personnel de soutien important

En terminant, le président de la FPSS-CSQ invite la commission scolaire à tenir compte du personnel de soutien et du rôle important qu’il joue chaque jour dans la bonne marche de nos écoles. « Si l’on veut améliorer la réussite éducative chez les élèves de la CSDL, il faudra mieux considérer le personnel de soutien, puisqu’il fait partie, lui aussi, de la solution pour améliorer notre système public d’éducation », conclut Éric Pronovost.