Le personnel de soutien n’est pas assez nombreux pour répondre aux besoins des élèves

17 avril 2018

Tournée de la FPSS-CSQ en Outaouais

« Les mesures d’austérité ont eu des impacts importants sur les services aux élèves dans les écoles des commissions scolaires de l’Outaouais. Le manque de personnel de soutien scolaire est particulièrement criant, ce qui a pour conséquence que plusieurs élèves ne reçoivent pas les services directs auxquels ils auraient droit. »

Telle est la situation dénoncée aujourd’hui en conférence de presse par le président de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ), Éric Pronovost, à l’occasion d’une tournée de deux jours en Outaouais pour rencontrer les membres du personnel de soutien.

Accompagné de Éric Cyr, président du Syndicat du soutien scolaire de l’Outaouais (SSSO-CSQ), Éric Pronovost a fait le portrait de la situation du personnel de soutien scolaire à la Commission scolaire des Draveurs (CSD) et à la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSPO).

« C’est à la CSD que les abolitions de postes ont fait mal. Ces coupes ont touché particulièrement les techniciennes et techniciens en éducation spécialisée (TES) et les préposés et préposées aux élèves handicapés (PEH). C’est malheureux parce que ces postes en moins se traduisent par des élèves qui n’ont pas l’aide et le soutien dont ils ont besoin », dénonce Éric Pronovost.

Ressources insuffisantes

À la CSPO, ce n’est guère plus réjouissant puisque, malgré l’ouverture de nouvelles écoles, on a procédé à très peu d’embauches pour faire face à l’arrivée de nouveaux élèves. Plus précisément, on déplore le nombre insuffisant de techniciennes et techniciens en éducation spécialisée. Et même s’il y a eu ajout de ressources de la part du ministère, ça n’a pas été assez. « On a ajouté des heures sans embaucher plus de personnel. Et puisqu’en même temps, le nombre d’élèves ayant des besoins a augmenté, les effets espérés ne se sont donc pas fait sentir », constate le président de la FPSS-CSQ.

Une précarité qui fait mal

Pour sa part, le président du SSSO-CSQ, Éric Cyr, soulève une autre inquiétude pour le personnel de soutien scolaire en Outaouais : la précarité.

« Le taux de précarité chez nos membres est de 50 %. C’est d’autant plus grave que 84 % sont des femmes. Plusieurs sont des mères monoparentales qui ont de la difficulté à boucler le budget. De plus, cette précarité entraîne de sérieux problèmes de recrutement de personnel. Ainsi, nous manquons de techniciennes en éducation spécialisée, d’éducatrices, de techniciennes en service de garde et de préposées aux élèves handicapés. Si l’on veut mettre fin à cette pénurie, nos commissions scolaires vont devoir pouvoir compter sur des mesures gouvernementales permanentes », explique Éric Cyr.

Des emplois fédéraux plus attrayants

Ce dernier ajoute que les emplois plus avantageux offerts par le gouvernement fédéral exercent un attrait certain chez plusieurs employés de la commission scolaire. « Plusieurs secrétaires et agents de bureau ont démissionné de leur poste pour aller occuper un emploi au sein du gouvernement fédéral qui leur garantit une charge de travail moins lourde pour un salaire plus avantageux. Nos commissions scolaires perdent ainsi une précieuse expertise », regrette le président du SSSO-CSQ.

Cette érosion est d’ailleurs accentuée par les offres d’emploi plus intéressantes dans le secteur privé. « La seule façon de contrer une telle concurrence est d’améliorer les conditions d’exercice du soutien scolaire dans les commissions scolaires de l’Outaouais », affirme Éric Cyr.

État des bâtiments

Pour ce qui est de l’état des bâtiments, les établissements des deux commissions scolaires présentent une moyenne d’âge de 47 ans, avec un degré de vétusté jugé très bon ou bon. « Les bâtiments les plus vétustes se retrouvent à la CSPO qui doit donner un sérieux coup de barre pour améliorer l’état de certaines écoles. Il y a même des bâtiments récents qui présentent des vices de construction. Il faudra donc maintenir les investissements nécessaires pour garder ces écoles à niveau », plaide le président du SSSO-CSQ.

Ce dernier demande d’ailleurs aux commissions scolaires de cesser de confier des travaux de conciergerie à la sous-traitance, en rappelant que l’entretien ménager a également un impact sur la durée de vie des établissements. « Si l’on veut développer la fierté d’une école propre, il faut encourager le sentiment d’appartenance en permettant au personnel de soutien de la commission scolaire de poursuivre son travail plutôt que de recourir à l’externe », recommande Éric Cyr.

Un personnel de soutien important

En terminant, le président de la FPSS-CSQ invite la commission scolaire à tenir compte du personnel de soutien et du rôle important qu’il joue chaque jour dans la bonne marche de nos écoles. « Connaissant la volonté des commissions scolaires d’améliorer la réussite éducative sur leur territoire, je tiens à rappeler que le personnel de soutien partage cette préoccupation et qu’il fait partie, lui aussi, de la solution pour améliorer notre système public d’éducation », conclut Éric Pronovost.