La FPSS-CSQ déplore un sous-financement qui affecte encore les écoles

11 avril 2018

Tournée en Beauce-Etchemin

« Les écoles du territoire de la Beauce-Etchemin vivent encore de sérieux problèmes de sous-financement, malgré les budgets supplémentaires annoncés en éducation. Ces sommes restent insuffisantes pour répondre aux besoins criants des élèves. »

Tel est le message livré par le président de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ), Éric Pronovost, à l’occasion d’une tournée de deux jours dans le territoire de la Beauce-Etchemin pour rencontrer les membres du personnel de soutien. Le leader syndical profitera de l’occasion pour discuter avec les dirigeants des syndicats locaux et les membres des enjeux régionaux et nationaux en éducation.

Un gouvernement qui doit faire plus

Plus précisément, Éric Pronovost soutient que le gouvernement doit faire plus pour répondre aux besoins des élèves de la région.

« Les sommes versées pour aider les élèves au préscolaire et en 1re année ont été utilisées à bon escient par la commission scolaire, mais elles ne permettent pas de rencontrer tous les besoins. Il faut que le gouvernement augmente sa contribution », plaide le président de la FPSS-CSQ. Sans compter que les coupes budgétaires des dernières années ont laissé des traces dans les établissements. « Nous ressentons encore les effets d’un alourdissement de la tâche, alors qu’on ajoute de la pression sur le personnel en l’obligeant à faire plus avec moins », constate Éric Pronovost.

Une précarité qui fait mal

Autre inquiétude : le personnel de soutien scolaire présente un taux de précarité de 50 % en Chaudière-Appalaches, dont 82,5 % sont des femmes. « C’est d’autant plus triste que certaines sont des mères monoparentales qui ont de la difficulté à boucler le budget. De plus, cette précarité entraîne de sérieux problèmes de recrutement de personnel. Ainsi, nous manquons de techniciennes en éducation spécialisée, d’éducatrices, de techniciennes en service de garde et de préposées aux élèves handicapés. Si l’on veut mettre fin à cette pénurie, la commission scolaire a besoin de mesures gouvernementales permanentes », explique Annie Boily, présidente du Syndicat du personnel de soutien scolaire de la Commission scolaire de la Beauce-Etchemin (SPSS-CSQ).

Cette dernière croit qu’il faut également augmenter les services de soutien aux élèves pour améliorer le taux de réussite. « Le taux de décrochage chez les filles de notre territoire est inférieur à la moyenne québécoise, mais il est plus élevé chez les garçons. »

Des services de soutien essentiels

D’autre part, le président de la FPSS-CSQ, Éric Pronovost, est d’avis que les élèves ont besoin de services de la classe jusqu’au service de garde. « Les élèves ont besoin de soutien en classe, bien sûr, au service de garde et partout dans l’école. Il y a d’ailleurs un manque de techniciennes et techniciens en éducation spécialisée, de préposées et préposés aux élèves handicapés, et de techniciennes et techniciens en travail social », constate Éric Pronovost.

Ce dernier rappelle d’ailleurs que « l’école est maintenant ouverte de 7 h à 18 h; il faut que les élèves qui bénéficient de services spécialisés durant les heures de classe y aient aussi accès lorsqu’ils arrivent au service de garde ».

État des bâtiments

Pour ce qui est de l’état des bâtiments, les établissements du territoire de la Beauce-Etchemin présentent une moyenne d’âge de 54 ans, avec un degré de vétusté jugé bon ou satisfaisant. « C’est bien, mais on doit continuer d’investir plus pour garder ces écoles à niveau », selon la présidente du SPSS-CSQ.

Elle rappelle d’ailleurs que l’entretien ménager a également un impact sur la durée de vie des établissements. Dans ce contexte, elle s’inquiète de la pratique de sous-traiter les travaux de conciergerie. « Si l’on veut entretenir la fierté d’une école propre, il faut encourager le sentiment d’appartenance en permettant au personnel de soutien de la commission scolaire de poursuivre son travail plutôt que de recourir à l’externe. »

Les écoles privées nuisent à l’égalité des chances

 D’autre part, Éric Pronovost ne voit pas d’un bon œil l’arrivée d’une nouvelle école privée. « Celle-ci viendra nuire aux écoles publiques de la région, en offrant des programmes qui viennent concurrencer nos établissements. Les écoles privées nuisent à l’égalité des chances. Il faudrait mettre fin à leur financement public, comme le recommande le Conseil supérieur de l’éducation », fait valoir le président de la FPSS-CSQ.

Un personnel de soutien important

En terminant, Éric Pronovost invite la commission scolaire à tenir compte du personnel de soutien et du rôle important qu’il joue chaque jour dans la bonne marche de nos écoles. « Connaissant la volonté de la commission scolaire d’améliorer la réussite éducative sur son territoire, je tiens à lui rappeler que le personnel de soutien partage cette préoccupation et qu’il fait partie, lui aussi, de la solution pour améliorer notre système public d’éducation », conclut Éric Pronovost.