L’impact de la légalisation de la marijuana dans nos écoles

15 mars 2018

Entrevue avec une technicienne en travail social spécialisée en toxicomanie

Pour des raisons de confidentialité, nous ne nommerons pas la technicienne en travail social spécialisée en toxicomanie au secondaire qui a répondu à nos questions.

Selon vous, quelle incidence aura la légalisation du cannabis dans nos écoles secondaires?

Étant donné que notre clientèle a moins de 18 ans, elle n’aura pas l’âge légal pour en consommer. Ainsi, je ne pense pas que la légalisation du cannabis aura une incidence dans notre quotidien.

Quelles sont vos craintes quant à la plus grande disponibilité de ces produits à la maison et dans les commerces?

Je crois que la situation sera semblable à celle qui prévaut pour l’alcool, que ce soit à la maison ou dans les commerces. Il faudra continuer à être vigilant et intervenir adéquatement pour prévenir et réagir.

Que faites-vous actuellement lorsque vous intervenez pour contrer ces substances?

Depuis quelques années, nous avons établi un protocole d’intervention en toxicomanie qui s’applique autant à l’alcool qu’aux autres drogues. Ce même protocole pourra donc être appliqué sans modifications, malgré la légalisation. Il est important de noter que les intervenantes et intervenants en toxicomanie n’appliquent pas ce protocole auprès des élèves consommateurs. Pour accompagner et soutenir l’élève qui consomme, celui-ci doit avoir confiance en l’intervenante et l’intervenant en toxicomanie afin de lui parler ouvertement de ses habitudes de consommation. Ce sont eux en première ligne qui appliquent le protocole et qui nous réfèrent l’élève par la suite.

Quelle approche donne les meilleurs résultats?

En toxicomanie, il est primordial de faire de la prévention et de l’éducation auprès de toute la population. Les études démontrent que ce modèle obtient le plus de résultats positifs. Il est à noter que le service en toxicomanie favorise l’implication et l’engament de l’élève dans sa démarche.

Quelle est l’importance du travail d’une intervenante ou un intervenant du milieu pour résoudre ces problématiques?

L’élève a besoin d’un lieu neutre où il peut se confier sans craindre d’être jugé et de se faire faire la morale. Notre rôle d’éducation nous permet d’informer l’élève sur les risques et conséquences à court, moyen et long termes de leurs choix. Notre objectif est de leur faire prendre conscience du pouvoir qu’ils ont à changer leurs habitudes de vie. Nous travaillons donc la motivation au changement.

Martin Cayouette, conseiller en relation du travail