Personnel de soutien scolaire – Mieux reconnaître leur valeur

29 novembre 2016

Par Adèle Arseneau
Rédactrice en chef du Journal Le Radar aux Îles-de-la-Madeleine – texte publié dans le Journal Le Radar le 25 novembre 2016

L’exécutif de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ) effectuait une tournée de cinq jours dans l’archipel dans le but de rencontrer ses membres issus de la Commission scolaire des Îles et de celle de l’Eastern Shores. L’équipe rencontrait aussi les directions d’école.

La tournée a lieu aux trois ans environ, d’expliquer Éric Pronovost, président de la FPSS, pour prendre contact avec les membres, mieux comprendre leur réalité, leurs besoins.

La Fédération regroupe 27 4000 membres dans la province; 19 syndicats répartis dans 22 commissions scolaires, dont celle des Îles. Ils sont ici quelque 145 personnes en tout provenant de 19 corps de métiers différents : éducateurs en service de garde, secrétaires d’école, ouvriers spécialisés, techniciens en travaux pratiques; bref, ceux qui gravitent autour de l’école et qui ne sont pas enseignants ou professionnels, d’expliquer le président.

Il informe que ces travailleurs sont peu ou pas à temps plein; la convention collective indique qu’au-delà de 26 h 25, on est considéré temps plein; or, beaucoup de travailleurs ne dépassent pas les 26 h. << On veut s’assurer que la commission scolaire fait une bonne évaluation des besoins des écoles. ›› Cela étant, il constate que les directions d’écoles locales sont très à l’écoute des besoins des gens qui travaillent en première ligne : « souvent l’élève en a un peu plus, mais ça ne veut pas dire qu’en ayant un peu plus, que le besoin est nécessairement comblé. Mais on sent cette tendance-là ici […] Après tout, on s’occupe d’êtres humains, de la génération de demain. ››

M. Pronovost rapporte les coups de cœur entendus : une technicienne en éducation spécialisée raconte qu’elle fait ce métier depuis neuf ans dans une même école et voit comme une chance d’avoir pu amener « ses enfants ›› de la maternelle à la 6° année, pour le passage au secondaire. On souligne l’importance de la stabilité pour le jeune. On mentionne aussi le surveillant d’élèves qui n’a pas assez d’heures et doit être aussi entraîneur au soccer au parascolaire, enseignant remplaçant, mais il ne déménagerait jamais parce qu’il est heureux d’être chez lui. << C’est un constat partout au Québec, mais ici on le sent encore plus. Ce sont des gens près de la population étudiante et qui s’investissent dans la communauté. ››

M. Pronovost indique qu’il devrait y avoir un meilleur dépistage des besoins des jeunes, dès le centre de la petite enfance pour outiller encore plus tôt, et avoir la possibilité de donner un service en continu et de qualité, notamment par l’augmentation des heures, donc hausser la disponibilité des travailleurs. « Après tout, l’école est ouverte de 7 h à 18 h ››. Il faudrait être conséquent. L’on invitait d’ailleurs le ministre de 1’Éducation à vivre une journée ou deux de travail afin de mieux comprendre les besoins du personnel de soutien scolaire.

Finalement, le président indique qu’ils déposeront un mémoire et feront des interventions dans le cadre des consultations du ministre de 1’Éducation, Sébastien Proulx. « Vous êtes un bel exemple et on va le dire au ministre Proulx.
Le contact humain est incroyable ici, c’est tout à votre honneur et ça se reflète dans les statistiques : le taux de décrochage des filles c’est 0,0 %. Les garçons sont dans la moyenne, mais on m’a dit que deux autres DEP seront ouverts. ›› Bref, tout en étant un exemple à suivre, toujours mieux reconnaître le travail quotidien du personnel de soutien et leur accorder le temps qu’il faut pour encore mieux soutenir les adultes de demain, selon le message de la FPSS.

« C’est 1,1 milliard de compressions en 7-8 ans; on vient voir l’étendue des dommages ›› Éric Pronovost, président de la FPSS.